POINTS CLÉS
- C'est au nouvel employeur, et non à l'employé, qu'il incombe légalement de déclarer le changement d'employeur en Espagne avant le début du travail.
- Il existe trois types de permis (permis standard pour les salariés, permis pour les travailleurs hautement qualifiés, Carte bleue européenne) ; chacun suit une procédure de demande distincte et a des délais de traitement différents.
- Les demandes concernant le personnel hautement qualifié (HQP) et la Carte bleue européenne sont traitées par l'UGE-CE et sont généralement finalisées en 4 à 8 semaines ; les permis standard sont traités par l'Oficina de Extranjería et prennent entre 1 et 3 mois.
- Si vous laissez un salarié commencer à travailler avant que l'autorisation ne lui ait été accordée, votre entreprise s'expose, en vertu de la législation espagnole, à des amendes pouvant atteindre 100 000 € par salarié.
- Jobbatical gère l'ensemble du processus de changement d'employeur, notamment la vérification des conditions d'éligibilité, la préparation des documents, le dépôt des dossiers et le suivi de la conformité, pour les équipes RH à travers toute l'Espagne.
L’une des lacunes les plus courantes en matière de conformité que nous constatons au sein des équipes RH chargées du recrutement en Espagne? C’est de partir du principe que c’est au salarié de s’occuper des formalités administratives lorsqu’il change d’emploi. Or, ce n’est pas le cas. Conformément à la réglementation espagnole en matière d’immigration, mise à jour par le décret royal 1155/2024, c’est au nouvel employeur qu’il incombe légalement de déposer la demande de modification de l’autorisation de séjour et de travail avant même que votre salarié ne mette les pieds au bureau le premier jour.
Ce guide explique à qui s'adresse cette procédure, quelle voie suivre pour chaque type de permis, comment se déroule concrètement le processus et ce qu'il en coûte à votre entreprise en cas d'erreur.
Qui doit demander un nouveau permis de travail ?
Cette règle s'applique à tout ressortissant d'un pays tiers travaillant en Espagne qui rejoint votre entreprise. Une carte TIE en cours de validité ne suffit pas : en Espagne, l'autorisation de travail est liée à l'entreprise qui emploie la personne, et non à la personne elle-même. En cas de changement d'employeur, votre entreprise doit déposer une nouvelle demande d'autorisation avant que la personne ne commence à travailler.
Il existe une exception très limitée : les transferts d'entreprise au titre de l'article 44 du Statut des travailleurs, dans lesquels une unité opérationnelle change de propriétaire et la relation de travail se poursuit sans interruption. Ce cas est traité en détail dans notre guide consacré aux changements d'employeur pour les titulaires de la Carte bleue européenne et les travailleurs hautement qualifiés. Dans la plupart des cas, une demande de modification complète est requise.
Quelle procédure d'obtention de permis s'applique à votre employé ?
Le type de permis dont dispose votre employé détermine où vous devez déposer votre demande et combien de temps cela prendra. Il existe trois procédures possibles :
Espagne : changement d'employeur – Comparaison des options 2026
Les dossiers relatifs au programme HQP et à la Carte bleue européenne sont traités par l’UGE (Unidad de Grandes Empresas y Colectivos Estratégicos), une unité centrale qui assure un traitement plus rapide et ne nécessite pas de test du marché du travail. Les titulaires d’un permis standard doivent s’adresser à l’Oficina de Extranjería provinciale, où le délai de traitement peut aller jusqu’à trois mois. Savoir quelle voie suivre avant de rédiger la lettre d’offre permet de gagner plusieurs semaines.
Si vous souhaitez déterminer la procédure à suivre avant de déposer une demande, l'outil de vérification des conditions d'éligibilité au permis de travail et de séjour en Espagne vous apporte une réponse rapide.
Étape par étape : ce que votre entreprise doit faire
📌📌 Dans la pratique, la plupart des retards sont dus aux étapes 2 ou 3, à des contrats soumis sans les mentions salariales requises ou à des documents d'entreprise qui ne répondent pas aux exigences actuelles de l'Oficina de Extranjería. Il est bien moins coûteux de s'assurer que le dossier est en règle avant de le soumettre que de devoir le renvoyer.
Calendrier, frais et seuils salariaux
Frais administratifs par type de permis (Tasa 790)
Au-delà des frais administratifs, les seuils de rémunération jouent un rôle important pour la conformité tout au long de la relation de travail :
- Carte bleue européenne 2026 : dans le cadre de la carte bleue européenne, le salaire minimum est d'environ 39 000 € par an (1,5 fois le salaire brut moyen national)
- HQP : Dans le cadre du programme HQP, il n'existe pas de seuil minimum légal fixe, mais le poste doit répondre aux critères de « haute qualification » définis par la loin° 14/2013
- Salaire standard : minimum SMI (1 134 € par mois à partir de 2026)
Le fait de verser un salaire inférieur au seuil fixé par le permis pendant la période d'emploi constitue une infraction aux règles, et non une simple erreur administrative. Assurez-vous que votre offre respecte le seuil applicable avant de la soumettre.
Que faire si vous déposez une demande et n'obtenez aucune réponse ? (Silence administratif)
En vertu de la législation espagnole en matière d'immigration, l'absence de réponse des autorités dans un délai déterminé entraîne une conséquence juridique appelée « silencio administrativo » (silence administratif). Dans le cas d'une demande de modification du permis de travail pour changement d'employeur déposée en vertu du décret royal 1155/2024, ce silence entraîne une approbation automatique, appelée « silencio administrativo positivo » (silence administratif positif).
Principales règles relatives au délai d'un mois
- Délai de traitement: l'Oficina de Extranjería ou l'UGE-CE doit statuer sur une demande de changement d'employeur dans un délai d'un mois, contrairement au délai standard de trois mois applicable à une première autorisation de travail.
- Approbation tacite: si le délai d'un mois s'écoule sans qu'une décision explicite ait été prise, la demande de permis de travail est légalement réputée approuvée par silence.
- Efficacité opérationnelle: le fait de connaître cette règle évite aux équipes RH des entreprises de retarder inutilement la date d'entrée en fonction d'un nouveau collaborateur en attendant 90 jours par simple habitude.
Que faire lorsque la modification ne suscite aucune réaction ?
- Vérifiez la date d'enregistrement: le délai officiel d'un mois commence exactement le lendemain de l'enregistrement de la demande de modification auprès du service de l'immigration.
- Demander une confirmation officielle: déposez une demande écrite pour obtenir un « certificado de acto presunto », qui fera office de preuve légale de votre silence administratif positif.
- Mise à jour de la carte TIE: remettez ce certificat à votre salarié étranger afin qu'il puisse mettre à jour sa carte TIE physique et justifier de son droit au travail.
- Évitez les doublons: ne renvoyez pas la demande de modification si le délai est dépassé, car l'envoi d'un nouveau dossier réinitialise le délai de traitement.
- Statut juridique protecteur: une décision tardive rendue a posteriori par les autorités chargées de l'immigration ne peut légalement annuler ou révoquer une autorisation de travail qui a déjà été accordée par silence positif. C'est pourquoi le fait de conserver trace de la date de dépôt de votre demande et du délai d'un mois permet de protéger l'embauche. Notez que cela diffère de la règle standard du silence négatif de trois mois qui s'applique à une première autorisation de travail.
Obligations réglementaires incombant au nouvel employeur
En vertu du décret RD 1155/2024, la charge de la mise en conformité incombe entièrement au nouvel employeur. Les principales obligations sont les suivantes :
- L'employé ne peut pas commencer à travailler tant qu'une autorisation écrite officielle n'a pas été délivrée, sans aucune exception
- L'inscription à la Sécurité sociale doit être effectuée dès le premier jour de l'emploi autorisé
- Le contrat de travail doit rester conforme aux conditions de l'autorisation pendant toute la durée de validité de celle-ci
- Le salaire doit à tout moment respecter le seuil applicable au type de permis concerné
Les amendes prévues en cas d'emploi d'un ressortissant d'un pays hors UE ne disposant pas d'un titre de travail valide au titre de la loi LOEX vont de 10 001 € à 100 000 € par salarié. L'application d'un test du marché du travail dépend également du type de titre de séjour et de la liste des métiers en pénurie. Les infractions répétées peuvent également entraîner l'exclusion des appels d'offres publics et des subventions. Il ne s'agit pas d'un domaine où il vaut la peine de prendre ce risque.
Pour les équipes qui gèrent simultanément plusieurs dossiers en Espagne, le suivi manuel représente un réel risque. La plateforme de gestion des dossiers d'immigration de Jobbatical permet à votre équipe de suivre en temps réel l'état d'avancement de chaque demande, les dates limites de renouvellement et les alertes de conformité, sans avoir à créer un tableau Excel à partir de zéro.
Comment Jobbatical gère les changements d'employeurs en Espagne pour les équipes RH
Le service de changement d'employeur proposé par Jobbatical en Espagne couvre l'ensemble du processus, de A à Z :
Avec plus de 17 000 déménagements menés à bien et un taux de réussite de 99 %, notre équipe sait exactement à quel stade les demandes en Espagne peuvent se bloquer et comment éviter cela. Si vous êtes actuellement en train de gérer un changement d'employeur, la meilleure chose à faire est de contacter directement notre équipe.
Avertissement : les règles en matière d'immigration changent assez fréquemment ; veuillez vous renseigner auprès de sources officielles ou nous contacter pour obtenir les dernières informations avant de prendre toute décision.
Foire aux questions : Permis de travail en cas de changement d'employeur en Espagne



