RÉSUMÉ EXÉCUTIF
- Le Parlement portugais a adopté une loi sur la nationalité le 1er avril 2026, qui porte de 5 à 7 ans la durée de résidence requise pour l'obtention de la nationalité pour les ressortissants brésiliens (CPLP), sans prévoir de clause de maintien des droits acquis pour les résidents actuels.
- La loi fait remonter le délai de naturalisation à la date de délivrance du permis plutôt qu'à la date de dépôt de la demande — un changement crucial pour les employés brésiliens qui attendent actuellement depuis des mois, voire des années, que l'AIMA traite leur dossier.
- Les services des ressources humaines disposent d'un délai très court, compris entre 30 et 60 jours, pour déposer les demandes de naturalisation des employés brésiliens éligibles en vertu de la règle actuelle des cinq ans, avant que le président ne promulgue la nouvelle loi.
- Les entreprises doivent classer leur personnel brésilien de nationalité portugaise en trois catégories : ceux qui sont déjà éligibles, ceux qui sont à risque et ceux qui en sont aux premiers stades — et mettre en place des mesures adaptées à chaque groupe.
- À long terme, les nouvelles règles confirment que les voies d'accès aux visas parrainés par l'employeur (D3, Carte bleue européenne) constituent les procédures les plus conformes et les plus prévisibles pour les nouveaux employés brésiliens qui arriveront au Portugal à partir de 2026.
Loi portugaise sur la nationalité de 2026 : ce que les employeurs brésiliens doivent faire dès maintenant
La nouvelle loi portugaise sur la nationalité a été adoptée par le Parlement le 1er avril 2026. Pour les entreprises employant des talents brésiliens au Portugal, il ne s'agit pas d'une simple information d'actualité : c'est un événement en matière de conformité du personnel qui exige que des mesures soient prises dans les 60 prochains jours.
Voici précisément ce qui a changé, qui est concerné et ce que votre service des ressources humaines doit faire avant l'entrée en vigueur de la loi.
Ce que la loi sur la nationalité d'avril 2026 change réellement pour les Brésiliens
Le Brésil est membre de la CPLP, la Comunidade dos Países de Língua Portuguesa (Communauté des pays de langue portugaise). En vertu de l'ancienne loi, les ressortissants de la CPLP pouvaient demander la nationalité portugaise après cinq ans de résidence légale. En vertu de la nouvelle loi, ce délai est porté à sept ans.
Pour les ressortissants non membres de la CPLP, la durée requise passe de 5 à 10 ans. Les Brésiliens continuent de bénéficier d’un traitement préférentiel au titre de la CPLP, mais l’impact concret reste considérable : tout salarié brésilien qui comptait obtenir la nationalité au bout de 5 ans doit désormais faire face à une prolongation de 2 ans — sans compter une remise à zéro du délai, ce qui est déterminant.
La remise à zéro du délai : pourquoi la règle de la « date de dépôt » est importante
L'une des dispositions les plus préjudiciables pour les résidents brésiliens est la modification du mode de calcul de la durée de résidence. En vertu de la loi révisée, le délai de sept ans commence à courir à la date de la délivrance physique de la carte de séjour, et non à la date à laquelle la demande a été déposée auprès de l'AIMA.
Étant donné que l'AIMA traite actuellement des dizaines de milliers de demandes en attente, de nombreux salariés brésiliens attendent déjà depuis 12 à 24 mois la délivrance de leur carte de séjour. En vertu des nouvelles règles, ce délai d'attente n'est pas pris en compte. Un salarié qui a déposé sa demande il y a deux ans et qui attend toujours sa carte pourrait, en pratique, recommencer le processus d'obtention de la nationalité à zéro dès que sa carte lui sera délivrée.
Autres changements importants concernant les ressortissants brésiliens
La loi est-elle déjà en vigueur ?
Non — mais le délai pour agir selon les anciennes règles touche à sa fin. La loi a été approuvée par le Parlement le 1er avril 2026 et a désormais été transmise au président António José Seguro pour examen. Le président peut la promulguer, y opposer son veto ou la renvoyer devant la Cour constitutionnelle. Si elle est promulguée, la loi devrait être publiée au Journal officiel (Diário da República) dès mai 2026.
Il est important de noter qu'aucune disposition transitoire n'a été prévue. Contrairement aux versions précédentes, qui proposaient des périodes de transition pour les résidents actuels, le texte final approuvé s'applique dès son entrée en vigueur. Les travailleurs brésiliens qui n'ont pas encore déposé de demande de naturalisation seront soumis au nouveau délai de sept ans à compter de la publication de la loi.
Les demandes de naturalisation en cours déposées avant l'entrée en vigueur de la loi devraient être traitées selon les règles actuelles, ce qui fait des 30 à 60 prochains jours une véritable opportunité stratégique pour les employés éligibles.
Chronologie de l'obtention de la nationalité portugaise (Anciennes règles vs loi sur la nationalité d'avril 2026)
L'audit RH : 4 mesures à prendre cette semaine
Étape 1 — Recenser tous les employés brésiliens en poste au Portugal
Récupérez votre liste actuelle des personnes en détachement au Portugal et filtrez-la pour ne retenir que les ressortissants brésiliens. Pour chaque personne, vous devez indiquer : la date de leur première demande de permis de séjour, la date de délivrance de leur permis de séjour (le cas échéant) et l'état actuel de leur demande de naturalisation.
Utilisez l'outil de vérification préalable à l'embauche de Jobbatical pour le Portugal afin de comparer rapidement la situation actuelle de chaque employé en matière de visa et de permis avec le nouveau calendrier.
Étape 2 — Segmentation par nationalité et période d'éligibilité
Répartissez vos employés brésiliens en trois groupes :
- Conditions d'éligibilité actuelles : au moins 5 ans de résidence légale avec un titre de séjour valide — ces employés devraient déposer leur demande de naturalisation sans tarder, avant la promulgation de la nouvelle loi.
- En situation de risque (3 à 5 ans) : les employés qui approchent des 5 ans et qui avaient l'intention de déposer une demande prochainement — leur délai pourrait être réinitialisé si la règle relative à la date de délivrance du permis s'applique à leur dossier.
- Phase initiale (moins de 3 ans) : ces employés seront soumis à l'obligation complète de 7 ans ; veuillez adapter votre planification à long terme en conséquence.
Étape 3 — Donner la priorité aux rendez-vous AIMA pour les permis en attente
Pour les salariés brésiliens qui attendent toujours leur carte de séjour, obtenir plus rapidement un rendez-vous auprès de l'AIMA est désormais une nécessité absolue pour se conformer à la réglementation, et non plus une simple formalité administrative. Plus tôt la carte sera délivrée, plus tôt le délai commencera à courir officiellement, que ce soit sous l'ancien ou le nouveau régime.
Pour obtenir des conseils sur la procédure actuelle de renouvellement de l'AIMA et les exigences relatives au portail en ligne, consultez le guide de Jobbatical sur le renouvellement du permis de séjour au Portugal.
Étape 4 — Vérifier les délais de regroupement familial
La nouvelle condition de résidence minimale de deux ans pour le regroupement familial aura des répercussions sur les salariés brésiliens qui prévoyaient de faire venir leurs proches après leur première année au Portugal. Il convient de conseiller aux salariés ayant entre 12 et 24 mois de résidence légale de déposer dès maintenant leur demande de regroupement familial, s'ils remplissent les conditions requises en vertu de la réglementation actuelle.
Pour un aperçu complet du nouveau dispositif de regroupement familial, consultez le guide de Jobbatical sur le regroupement familial au Portugal.
Ce que cela implique pour votre stratégie de gestion des talents à long terme
Le risque de perte de personnel est bien réel
Pour de nombreux professionnels brésiliens, l'obtention de la nationalité portugaise (et, par conséquent, de la citoyenneté européenne) constituait un élément central de leur projet personnel et professionnel. Une prolongation de deux ans de ce délai n'est pas anodin : elle retarde l'accès à la liberté de circulation sur le marché du travail européen, a des répercussions sur l'éligibilité aux prêts immobiliers et, dans certains cas, modifie complètement les décisions en matière de planification familiale.
Les entreprises qui accompagnent activement leurs employés brésiliens dans cette transition — en leur communiquant clairement le calendrier, en les aidant à se préparer aux contrôles d'immigration et en leur apportant une aide financière pour couvrir les frais juridiques — bénéficieront d'avantages tangibles en matière de fidélisation par rapport à celles qui laissent leurs employés faire face seuls à ces changements.
Les nouveaux arrivants doivent faire face à une situation différente
Pour les professionnels brésiliens qui envisagent de s'installer au Portugal à partir de 2026, les nouvelles règles ont également des répercussions sur les modalités d'entrée initiales. Les ressortissants des pays de la CPLP ne peuvent plus transformer un titre de séjour de type touristique ou de court séjour en permis de séjour : ils doivent arriver du Brésil munis du visa approprié. Cela rend plus importante que jamais la voie du parrainage par l'employeur, via un visa D3 (professionnels hautement qualifiés) ou la Carte bleue européenne, qui constitue désormais la principale voie conforme.
Pour les entreprises qui souhaitent recruter au Brésil, contactez l'équipe de Jobbatical afin d'obtenir le « Guide pour l'embauche de travailleurs brésiliens au Portugal » ; ce document présente en détail l'ensemble des possibilités existantes, les références salariales de la CPLP et les obligations en matière de conformité.
Pour les salariés titulaires d'un permis de travail délivré par leur employeur et souhaitant s'installer durablement, le parcours de la Carte bleue européenne au Portugal — qui offre aux ressortissants de la CPLP un parcours défini de sept ans menant à la citoyenneté — constitue désormais l'une des options les plus structurées qui soient.
Sources officielles
- Parlement portugais (Assembleia da República) : www.parlamento.pt
- AIMA (Agence pour l'intégration, les migrations et l'asile) : www.aima.gov.pt
- Loi portugaise sur la nationalité (loi n° 37/81, telle que modifiée) : dre.pt
Avertissement
Les règles en matière d'immigration changent assez fréquemment ; veuillez vous renseigner auprès de sources officielles ou nous contacter pour obtenir les dernières informations avant de prendre toute décision.


